Un diamant oriental serti d’électro à l’Aire libre.
" Au terme d’un mois de résidence, les Rennais Anissa et Mars drive étaient sur la scène de l’Aire libre, jeudi et vendredi. Un puissant et délicieux voyage. Ça commence par la surprise de passer les habituelles portes de l’Aire libre, mais ce n’est plus l’Aire libre. C’est déjà un bout d’Orient qui attend les spectateurs. Des tapis, des tables basses, du thé à la menthe et des pâtisseries orientales... Pourtant, tout cela ne tient pas du décor, mais de l’attention au public. La volonté de bien accueillir ... pour mieux offrir. Il n’y a plus qu’à se laisser porter. En fond de scène, défilent des images retravaillées du Maroc. Des ambiances nocturnes, la porte de la medina de Fès, la place Djemaa el-Fna ... Il ne manque plus que la chaleur. C’est Anissa, dans une robe de noir et d’argent, qui l’impose à la force de sa voix. On pourrait rester dans cette brillante interprétation orientale traditionnelle, mais ce n’est que le début. Le concert est conçu comme un long développement. La voix d’Anissa reste le repère mais la musique de François Possémé prend de plus en plus d’ampleur. Les volutes électroniques s’enflamment, se font plus denses. La monture musicale du diamant vocal le sertit au point de le dépasser pour mieux le faire resurgir et briller. Encore un peu plus loin, le son s’industrialise encore d’un cran. Mais les deux artistes aiment la respiration. Anissa vient s’asseoir à une table du public pour un souffle a capella. Ce n’est qu’une parenthèse. Le concert reprend toute son ampleur avec l’apport de Pascal Lamour, et sa cornemuse bulgare dont les solos ont la force électrique d’une guitare. Le plus curieux est peut-être que ce mélange d’un chant ancré dans le traditionnel oriental avec une musique de plus en plus actuelle n’a jamais rien de factice. François Possémé danse avec ses machines et ce mélange unique et naturel poursuit son voyage jusqu’à un électro-world capable de secouer n’importe quel dance floor house. Puis Anissa revient, Les images du Maroc s’animent encore quelques instants. Derrière son micro, elle interprète seule une dernière chanson. La boucle est bouclée. Ce voyage, puissant et délicieux, est terminé. Il est presque désolant que cette aventure n’ait eu, pour l’instant, que deux soirs pour s’exprimer. Qui relèvera le défi ? Devant un tel mélange harmonieux de différentes influences on pense naturellement aux tombées de la nuit. Inch Allah ! ".
Gilles Kerdreux - Ouest-France 11 février 2002

Anissa & Mars Drive étaient sur le plateau de l'Aire Libre en janvier 2002 pour créer le concert qui eut lieu le jeudi 7 et vendredi 8 février, Anissa Derkaoui et François Possémé, ont invité Eric Trochu (musicien - compositeur-chanteur) et Pascal Lamour (compositeur et muti-instrumentiste) à venir les rejoindre. Après plusieurs collaborations, ce trio de musiciens se retrouve pour entourer Anissa de musiques électronique et acoustique. Rencontre :

Eric Trochu
: "J'ai connu François dans les années 80, quand il faisait partie de "Complot Bronswick". Il avait produit un des premiers groupes dans lequel j'étais : "End of Data". Après s'être éloignés géographiquement, nous nous sommes retrouvés en 1993, où nous étions sous le même label associatif "Rrose sélavy" avec entre autre "Emma", "Vénus de Rides", groupe où je jouais du tuyau en plastique. Pascal, lui, venait jouer de la cornemuse bulgare. On a décidé de travailler ensemble et on a fondé "Arkàn". François est venu nous rejoindre… En fait nous jouons ensemble dans trois formations : "Anissa & Mars Drive", "Lamour", "Arkàn ".
Pascal Lamour : " J'aime bien écouter les autres raconter notre histoire".
Comment avez-vous travaillé pour ce concert ?
Pascal : "J'ai travaillé les morceaux chez moi, avec mes instruments acoustiques : clarinette basse, cornemuse, saxo bois et flûte. Maintenant je vais jouer en " live ". On va tester ici, sur la création."
Eric : "Je suis plus proche du re-mixage. François m'envoie des éléments séparés et je les re-traite pour leur donner plus d'énervement, de timbre. Il y a un côté mixage classique et un autre qui est le traitement sonore en direct. Avec François, nous sommes complémentaires.
Travailler tous ensemble nous permet d'avoir un regard extérieur."

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Pascal : "Le traitement se fait aussi avec les instruments acoustiques. Il n'y a pas de séparation entre acoustique et électronique. C'est une écriture musicale commune."
Eric : "Il y a plus d'humanité, de proximité dans l'orchestration. Cela permet de mieux laisser s'épanouir la voix ."
Pascal : "Travailler dans les meilleures conditions le rapport entre les instruments acoustiques, l'électronique et la voix, crée un univers où les choses se complètent sans concurrence. Elles peuvent donc se répondre. L'important, dans le fait d'être nombreux, est de pouvoir aller à l'essentiel. L'essentiel étant la voix supportée par nous tous."

Autour d'Anissa…Les musiciens du fameux (et non moins culte, s'il en est) groupe Anissa-Mars Drive, ont ouvert quelques moments de répétition. Ainsi, les 31 janvier et 5 février 2002, dans le cadre de leur parcours culturel à L'Aire Libre, les deux classes à PAC (Parcours Artistique et Culturel) des écoles Eugène Pottier et Suzanne Lacore (Saint-Jacques), sont venues ouïr les douces mélopées et les rythmiques hypnotiques du groupe. Les deux rencontres d'une heure se sont terminées par un échange (chaleureux) entre élèves et artistes. Le 5 février encore, 22 élèves de l'école Tempo Musik ont également assisté à un temps de répétition, ponctué par un jeu de questions/réponses.
extrait le "résident" http://www.digordor.net