L’image oubliée 1981
Sonate d’automne
Voici le premier album (un maxi 45 t ).
Un son qui ravive les flancs du rock.
Un swing élégant, toutes les demi-teintes, fondus et précipité d’un dosage malicieux entre guitare, orgue, batterie et voix,
celle d’Arnaud Le Brusq. Entre Bahaus et Mécano. Une bonne surprise.
Frank Mallet “ELLE”
Déluge Lyrique L’image oubliée, leur premier maxi auto-produit, est une pure merveille
de rock architectural, sombre...
construit comme une dramatique avec des envolées
lyriques et un déluge de sons mélodieux qui dégringolent
en cascade autour de la voie émotionnelle d’Arnaud.
Patrick Rognant Le”Gay Pied”
photo Richard Dumas

Maïakowsky 1984
Complot Bronswick s’est attaché
à la sensibilité poétique, à l’instabilité,
à l’humour polyvalent, à la dérision,
à la gravité de cette liberté toute entière
qui a envahi Maiakowsky jusqu’à sa mort.
La mort livrée à l’éternité par son suicide,
l’image du poète la plus parfaite.
Forme imagée et véridique, rythmée sur
les mouvements de sa sensibilité.
A travers cette création, surgit la matière profonde de la personnalité créatrice de Maiakowsky, menant de front une littérature militante de circonstance,
et une oeuvre lyrique poétique
de valeur universelle.
La première approche
Rock’n Rollienne
d’un Maïakowski
flamboyant.
Hervé BORDIER

Dark rooms delight's 1985
C’est dans les studios de Bruxelles que le groupe a frappé, et ses membres, damnés, obscènes, cyniques ne vous révéleront pas leurs identité. Question de principe. La silhouette androgyne par laquelle on aborde l’album repose voluptueusement dans le cadre de son ambivalence, voyez la pochette : ce corps lascif apparaît à l’envers, tel une image sur une plaque photographique, pour nous faire franchir la frontière du plaisir. Ces Plaisirs de la chambre noire mêlent dans leur jeu de mots, succession de clichés et sensualité arrogante ; lieu clos et sadien comme le fut peut-être la Mèche Bleue, cette boite de St Brieuc aujourd’hui fermée, au sein de laquelle le groupe s’était réfugié afin de concrétiser ses idées et concevoir cet album. Pour cet album COMPLOT s’entoure de Pascal Humbert, ex-TANIT et bassiste de PASSION FODDER et de Gilles MARTIN , producteur français vivant en Belgique (Minimal Compact, Tuxedomoon, Front 242...) Des inspirations dissolues, le disque devient “révélateur” de clichés successifs comme le premier titre IVORY BLADE, qui s’inspire de tous les thèmes du roman noir... YELLOW FACE reprend ceux de la rock star, fantasme du personnage solitaire qui se projette sur la scène du monde. Alors que la mort est l’anéantissement du “privé” sous l’emprise de la musique assassine qui guide ses pas vers les bas-fonds du néant.... La star , elle ressuscite face aux projecteurs et réalise enfin sa propre scène, se libérant des normes de la société. BORN IN A CAGE .. ”Il est né, né dans une cage, il préfère les ennemis, que puis-je pour lui ? que puis-je pour vous...” le personnage évolut dans une bulle et voudrait en sortir, échapper à l’angoisse, à la jalousie. La succession d’images illustre son impuissance. Le ton détaché, ironiquement grandiloquent, de la voix déconnecte le trop sérieux et trop évident du propos et rappellent que sans normes il ne peut y avoir de marginalité. L’ambiance de ce morceau, superbe valse sinistre, est , ici fellinienne. Le thème de l’incommunicabilité est également développé dans deux autres titres : MASQ OF NUDITY & FRIEND SHIP. Le premier se prète à une écoute subjective, le second appuyé par la basse, naturalise à la rennaise l’influence New Order. La voix plus chaude, le phrasé plus coulant adoucit un rythme carré qui s’il n’était contenu, pourrait devenir hypnotique. LANDSCAPE évoque, par une mélodie orientale, un paysage celtique, tour de passe-passe qui fait se retrouver dans un bourdon opiniâtre trois ou quatre notes qui reviennent toujours. Effet lancinant des paroles qui sont ici, mots magiques, mots évocateurs : Terror of frame, burning the terror, beauty world... mélopée humide, pleine d’embrun.... Paysages bientôt insurrectionnel : Le temps des cerises, allusion à cette période de la Commune (1870) où les insurgés crûrent un instant avoir gagné mais... Encore une fois , un cliché révélateur d’une folie qui imprime à ce titre son côté pathétique, perdu et disloqué : la projection d’un instant dans l’éternité, il n’y a plus qu’un “fractile” figé et détruit par la photo. Ce thème, ultime appel à la nostalgie sereine, s’enrichit dans COLLAPSE : “Le temps est cruel et les gens se mettent à pleurer, je veux fermer tes grands yeux bleus.... Thierry BOBLET L’EQUERRE
photo Bernard Silag

Iconoclasmes 1988
Sang frais. Sens chaud.
Complot est un groupe rennais
exilé à Paris.
Né en pleine tourmente afterpunk, Complot puise ses racines dans
un univers synthético-classique en passant par la musique industrielle. “Iconoclasmes “ est leur 4ème production . Le grand come back
d’un groupe sulfureux, spécialiste
des ambiances fortes et passé maître dans l’élaboration
de climats puissants. La filiation culturelle du Complot est évidente,puisqu’il propose
une splendide reprise de NO FUN plus proche de Brahms et Shubert que d’Iggy Pop et des Stooges (juste la voix et un piano...), puisqu’il offre aussi un Desert shores qui est un sublime hommage new wave posthume à la grande prêtresse NICO. Les morceaux, toujours enveloppés d’un gros son, oscillent pour mieux captiver l’oreille entre les griffes du rock’n’roll (Martyrs tombés sur la route, Do you Want to slay with me ?) et des atmosphères de recherches démoniaques (L’Ivresse des âmes, Will you miss me ? Odessa)....Claviers Magazine P.B.
photo Jacques bordier

A Kind of blue 1991
Apparu en 1981 sur la scène rennaise,
Complot Bronswick n’a jamais été à court de belles idées : alternant musique,
vidéo et spectacle,
hanté par les rivages du songe
et le graphisme russe des années vingt,
le groupe a créé
des atmosphères attachantes.
Le titre de son quatrième album dit assez vers quels vents il se tourne maintenant : le lyrisme, le délicieux égarement des sens dans la pénombre douce amère.
On entre dans cet univers un peu comme
dans un étrange pays où, passé le pont, les fantômes viennent
à votre rencontre : A chaque instant, Invisibility, Sparks,
A kind of blue ont la beauté hallucinogène des instants nécessaires.
Sur ces chemins. Complot Bronswick a croisé Anneli Maria Drecker,
la chanteuse du groupe norvégien Bel Canto, et l’a invitée sur trois morceaux ;
c’est que de Tromsô à Rennes claquent les même oriflammes
enchantés et mélancoliques.
Claude DIS LE MONDE DE LA MUSIQUE
photo Bernard Silag

complot “album éponyme” 1995
J’ai toujours beaucoup aimé COMPLOT,
leur esthétisme,
leur sens de la composition,
leur sobriété dans le grandiose,
leur lyrisme tragique ; c’est sans doute l’un des groupes français de “new wave” qui, en 13 ans d’existence, n’a jamais souffert de la comparaison avec leurs homologues
les plus renommés d’outre-manche .
Après avoir participé à une compilation
de groupes rennais amis, “RROSE SELAVY”, et créé un label dans ce but, les voilà de retour avec cet album produit par le même ingénieur du son que “Shema” de Dazibao.
Un opus magistral. Bel emballage comme toujours chez complot, atmosphère tendue, violence contenue ; rythmique électronique tribale ou cyclique, samples excellents cotoyent de véritables instruments (accordéon sur “Petit soldat”, percus du zaïre de Maître NONO,
chant calme, mélodique ou murmuré,
portent des textes
angoissés ou nostalgiques,
riche d’un univers intime.
MARSU “Le Coyote Rebelle”

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